Qu’est-ce qu’une zone libre d’apartheid israélien ?

Avec la campagne Apartheid Free Zone (AFZ), en français Zone libre d’Apartheid israélien, nous soutenons la création d’espaces exempts de racisme et de toute forme de discrimination. Inspirée par la lutte contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud, la campagne veut créer des espaces qui rejettent fermement tout lien avec l’apartheid israélien. Nous voulons empêcher les espaces qui nous sont chers de coopérer avec les entreprises et les institutions qui contribuent à la préservation d’un régime d’apartheid. En signant notre déclaration, les collectifs, les mouvements, les associations, les cafés, les bars, les magasins, les entreprises, les institutions culturelles, les syndicats, les institutions sportives, les coopératives, les centres sociaux, les librairies, les restaurants et autres lieux culturels s’engagent à refuser tout soutien au régime d’apartheid israélien.

Culture et vie sociale

Les associations de la société civile palestinienne basées à Jérusalem-Est sont obligées de modifier leur nom de sorte à faire disparaître leur identité palestinienne. Israël détruit de nombreux sites historiques, culturels, artistiques et religieux. Par exemple, le cimetière de Mamilla à Jérusalem, l’un des plus anciens et importants cimetières musulmans, a été détruit pour construire le nouveau Musée de la Tolérance. Les étudiant·e·x·s des universités palestiniennes sont la cible de raids systématiques sur les campus. Environ 250 étudiant·e·x·s palestinien·ne·x·s sont actuellement en prison, dont 40 de l’Université de Birzeit arrêté·e·x·s durant l’année académique 2019-2020. Si un Palestinien de moins de 35 ans souhaite se marier avec une Israélienne, ils ne pourront pas vivre en Israël ou à Jérusalem. Il en va de même pour une Palestinienne de moins de 25 ans désirant se marier avec un Israélien. L’État d’Israël censure les artistes palestinien·ne·x·s. En janvier 2021, un tribunal a interdit la diffusion en Israël et saisi les copies du documentaire Jenin, Jenin, réalisé par le Palestinien Mohammed Bakri dans le camp de réfugiés de Jénine, bombardé et envahi par l’armée israélienne en 2002. Bien qu’ayant le droit de voter, les citoyen·ne·x·s palestinien·ne·x·s d’Israël ne peuvent pas contester la doctrine et les lois qui visent à établir Israël comme État juif. Une analogie serait un système dans lequel des esclaves auraient le droit de voter, mais pas contre l’esclavage.

Agriculture

Israël contrôle toutes les importations de la bande de Gaza entraînant une insécurité alimentaire. En 2007, elle estimait qu’un·e Palestinien·ne·x de Gaza peut survivre avec 43 % de produits laitiers, 37 % de légumes et 19 % de viande en moins qu’un·e Israélien·ne·x. L’armée israélienne contrôle l’eau de Cisjordanie occupée, elle en confisque plus de 80 % et revend le reste aux Palestinien·ne·x·s pour quatre fois son prix. Un colon a droit à 300 litres/jour alors qu’un.e Palestinien.ne.x n’a droit qu’à 70 litres/jour. Les nombreuses incarcérations de jeunes et le stress dû notamment aux raids visant leurs maisons affectent durablement leur santé mentale, rendant difficile une projection dans le futur et une interaction avec les autres. Les usines israéliennes déversent leurs déchets en Cisjordanie occupée, notamment dans la zone agricole de Tulkarem. Depuis 2001, l’armée israélienne et des colons ont arraché près de 1,5 millions d’oliviers en Cisjordanie occupée, dont 8400 rien qu’en 2020.

Santé

En 2016, l’espérance de vie à la naissance des citoyen·ne·x·s juif·ve·x·s en Israël et en Cisjordanie dépassait de près de neuf ans celle des Palestinien·ne·x·s qui habitent dans les mêmes territoires. À Gaza, les installations et le personnel médical sont systématiquement visés par les forces armées israéliennes tandis que les coupures d’électricité orchestrées par Israël entravent régulièrement l’activité des hôpitaux. Les nombreuses incarcérations de jeunes et le stress dû notamment aux raids visant leurs maisons affectent durablement leur santé mentale, rendant difficile une projection dans le futur et une interaction avec les autres. Les autorités israéliennes privent les habitant·e·x·s de Gaza de tests Covid alors qu’il·elle·s vivent déjà une pénurie chronique de médicaments de base due à plus de dix ans de blocus.

Justice et répression

Fin juin 2020, au moins 357 Palestinien·ne·x·s étaient placé·e·x·s en détention administrative sans procès, sans avoir commis de délit, au motif d’avoir l’intention d’enfreindre la loi. Cette détention est reconductible indéfiniment. En Cisjordanie occupée, deux populations, deux lois. Les Palestinien·e·x·s sont jugé·e·x·s selon la loi militaire (99,74 % de condamnations); les colons israéliens selon la loi civile (5 % de condamnations). Entre 2000 et 2018, plus de 12000 enfants palestinien·e·x·s ont connus les geôles israéliennes. Un jet de pierre peut être sanctionné par 20 ans d’emprisonnement. En Cisjordanie occupée, la politique de l’open-fire policy permet un usage injustifié des armes létales envers les Palestinien·ne·x·s. Depuis la pandémie de covid-19, toutes les visites de détenu-e-x-s provenant de la bande de Gaza ont été suspendues. Ces prisonnier·e·x·s incarcéré-e-x-s par Israël ne voient plus leur famille depuis un an.

Éducation

Les élèves palestinien·ne·x·s en Israël ne peuvent pas apprendre leur histoire, ni celle de la Nakba, car Israël censure les programmes scolaires et n’autorise que sa version officielle. Pour aller à l’école, les enfants palestinien·ne·x·s sont forcé·e·x·s de parcourir de grandes distances, risquant la violence des colons. Celles et ceux qui doivent traverser un ou plusieurs checkpoints sont exposé·e·x·s aux humiliations des soldats. Dans 60 % de la Cisjordanie occupée, Israël n’accorde pas les permis nécessaires à la construction d’écoles: plus d’un tiers des communautés manquent d’école primaire. Rien qu’en 2013, 123 000 enfants palestinien-ne-x-s ont dû arrêter leur scolarité selon l’Unicef.