La campagne pour des zones libres d’apartheid israélien est-elle antisémite ?
Non. Dans la Déclaration suisse AFZ, nous prenons clairement position contre toute forme de racisme. La campagne n’est pas dirigée contre des individus et certainement pas contre les Juif-ve-x-s en Israël/Palestine ou ailleurs. La campagne est dirigée contre le régime israélien d’apartheid et contre les entreprises et les institutions qui le soutiennent. La campagne s’oppose farouchement à l’antisémitisme, car l’antisémitisme est une forme de discrimination et doit donc être combattu.
Mais les citoyen-ne-x-s arabes israélien-ne-x-s peuvent voter ?
Bien que les Palestinien-ne-x-s de citoyenneté israélienne puissent voter, leur vote n’a aucune influence sur les processus politiques décisifs, en partie parce que les parlementaires palestinien-ne-x-s sont une minorité isolée. Un rapport d’Amnesty International montre que leurs droits politiques sont systématiquement violés, par exemple en excluant les parlementaires palestinien-ne-x-s élu-e-x-s s’il-elle-x-s ont des opinions que la majorité du parlement n’approuve pas. Ainsi, le « discours démocratique » n’est qu’une farce. Pour changer la Loi Fondamentale de 2018, il faudrait avoir la majorité absolue à la Knesset (parlement israélien). Ainsi les élu-e-x-s palestinien-ne-x-s n’ont aucune possibilité de mettre fin à cette politique d’apartheid.
Quelle forme prend l’apartheid en Israël ?
L’apartheid peut prendre des formes différentes. Les combattant-e-x-s sud-africain-e-x-s de l’apartheid faisaient déjà la distinction entre ce que l’on appelle le « petit apartheid » et le « grand apartheid ». Le « petit apartheid » ou « apartheid mesquin » est le côté le plus visible de l’apartheid, par exemple la séparation des écoles ou des bus selon la race. Le « grand apartheid » renvoie à l’exclusion raciste sous-jacente d’une partie de la population des processus et des institutions politiques, de l’accès aux ressources et des droits politiques. Une telle discrimination systématique a lieu en Israël.
Quels intérêts sous-tendent l’apartheid israélien ?
Le but fondamental de ce système d’apartheid est d’expulser le plus possible de Palestinien-ne-x-s de leurs terres afin d’agrandir la Terre d’Israël (Eretz Israël) de la Méditerranée jusqu’au fleuve Jourdain. Par la confiscation continuelle de leurs terres en Cisjordanie, les Palestinien-ne-x-s sont de plus en plus forcé-e-s d’habiter des villes «bantoustans » et deviennent une main-d’œuvre bon marché et corvéables. Israël construit de plus en plus de colonies illégales sur des terres palestiniennes confisquées afin de pallier à la crise du logement en Israël. Israël encourage également des entreprises israéliennes à s’installer sur ces terres en offrant de multiples avantages fiscaux. L’installation de colonies, d’entreprises et de zones militaires a pour but de pérenniser l’occupation et le nettoyage ethnique. La fragmentation géographique de la Cisjordanie rend précaire la vie économique et sociale palestinienne.
L’apartheid existe-t-il seulement dans le Territoire occupé ?
Non, le Territoire occupé n’est qu’une partie du crime d’apartheid. L’apartheid israélien est fondé sur un système de domination de toute la population palestinienne où qu’elle soit : dans le Territoire palestinien occupé (Cisjordanie, et Gaza), à Jérusalem Est, en Israël-même et à l’étranger où résident 5 millions de réfugié-e-s. Cette division de la population palestinienne, où chaque partie est soumise à des lois discriminatoires différentes, garantit la domination des citoyen-e-s de confession juive sur les autres habitant-e-s.
L’État d’Israël pratique-t-il une politique d’apartheid ?
Oui car :
Qu’est-ce que l’apartheid ?
Le terme apartheid vient d’Afrique du Sud et décrit le système de discrimination raciale qui y existait jusqu’en 1994. La Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid (1973), définit ainsi le crime d’apartheid : La définition juridique de l’apartheid s’applique à toute situation, quel que soit le pays, si les trois éléments suivant coexistent:
Y a-t-il déjà des AFZ dans d’autres pays ?
Oui. L’inspiration de notre campagne vient d’Espagne. Depuis 2015, il existe de nombreuses zones libres d’apartheid de différentes tailles – de magasins de bicyclettes à des communautés entières. Des parlements municipaux ont adopté des résolutions excluant les institutions et les entreprises du financement et des marchés publics lorsqu’elles participent aux violations israéliennes des droits de l’homme et du droit international. Des campagnes similaires ont été lancées en Italie, en Belgique, en Norvège, au Portugal et en Grèce.
Quels sont les objectifs de la campagne AFZ ?
La campagne vise à contribuer à la fin du régime d’apartheid israélien. La création d’une zone libre d’apartheid constitue un signal en faveur de l’égalité des droits pour tou-te-x-s les habitant-e-x-s vivant en Israël/Palestine, indépendamment de leur origine ethnique ou religieuse, de leur sexe, genre ou orientation sexuelle.
Qu’est-ce qu’une zone libre d’apartheid israélien ?
Avec la campagne Apartheid Free Zone (AFZ), en français Zone libre d’Apartheid israélien, nous soutenons la création d’espaces exempts de racisme et de toute forme de discrimination. Inspirée par la lutte contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud, la campagne veut créer des espaces qui rejettent fermement tout lien avec l’apartheid israélien. Nous voulons empêcher les espaces qui nous sont chers de coopérer avec les entreprises et les institutions qui contribuent à la préservation d’un régime d’apartheid. En signant notre déclaration, les collectifs, les mouvements, les associations, les cafés, les bars, les magasins, les entreprises, les institutions culturelles, les syndicats, les institutions sportives, les coopératives, les centres sociaux, les librairies, les restaurants et autres lieux culturels s’engagent à refuser tout soutien au régime d’apartheid israélien.